Face aux risques majeurs (inondation, accident technologique, etc.), la souscription à une assurance n’est pas la seule solution. La passivité n’est pas une attitude immuable. Il peut paraitre utopique de vouloir tout prévoir et maîtriser. Cependant, il est possible de concevoir et mettre en œuvre des stratégies de protection permettant d’éviter certains évènements ou d’en limiter les conséquences.

Pour comprendre comment atténuer les risques, il est nécessaire de comprendre leurs fonctionnements. Un risque est la combinaison d’un aléa (montée des eaux, accident technologique, etc.) et d’enjeux (habitation, école, etc.).

La gestion du risque inondation en France a subi des mutations ces vingt dernières années. La politique de gestion des inondations s’est modifiée « dans les objectifs qui ont évolué de la protection vers la prévention à la gestion du risque » (Pottier, 2003). D’une manière générale, la gestion du risque compartimentée entre la protection d’un côté et la prévention de l’autre tend à s’uniformiser dans une politique globale de gestion où les différentes mesures sont mises en commun.

Dans cet article, nous nous intéresserons aux risques d’origines naturels. Nous découvrirons les deux grands types de réponses permettant de réduire la vulnérabilité des enjeux : les mesures structurelles et les mesures organisationnelles.

Les mesures structurelles

Les premières mesures dont nous parlerons ici sont les mesures structurelles. Ces mesures visent les actions directement sur l’aléa. Elles ont pour objectif de réduire les hauteurs d’eau, les débits ou encore de contenir le plus possible les débordements. Au niveau du cours d’eau, il s’agit d’ouvrages de génie civil comme les barrages et les digues, mais il peut également s’agir de mesures douces de contrôle hydraulique comme les zones d’expansion des crues.

À l’échelle du bâtiment, la mise en place de dispositifs permettant de retarder, voire d’empêcher la pénétration de l’eau dans le bâtiment peut se faire via des dispositifs temporaires (obturation des ouvertures, batardeaux, barrières mobiles, sacs de sable) ou permanents (occultation des voies pénétrantes, murets, etc.). Ces dispositifs présentent l’intérêt de maintenir dans une certaine mesure le bâtiment au sec et de réduire parfois considérablement sa vulnérabilité du point de vue notamment du délai de retour à la normale.

Généralement lourdes à mettre en place, elles peuvent s’avérer très efficaces. Leur utilisation doit être toutefois réservée à certaines circonstances précises et leur mise en oeuvre entourée de multiples précautions.

Les mesures organisationnelles

Les mesures non structurelles concernent généralement la maîtrise des enjeux et des vulnérabilités comme la régulation de l’occupation du sol. Elles participent à instaurer une culture du risque avec l’information et l’entretien de la mémoire des évènements passés. Ces mesures englobent aussi la prévision et l’alerte.

L’organisation se concentre sur les comportements à adopter. Cela va des bons réflexes en temps de crise à la mise en place d’un plan de prévention. Ces mesures ne visent pas à stopper l’aléa sur une zone précise, mais à se préparer à faire face pour éviter les dommages prévisibles.

Pour illustrer ce propos, nous pouvons évoquer, l’élévation des biens à l’intérieur de l’établissement, la mise en place d’un groupe électrogène pour l’après-crise, l’évacuation dans une zone refuge à l’étage, la mise en place de repère de crues, etc. Les mesures organisationnelles peuvent se mettre en place très rapidement et à moindres frais. Elles contribuent à la sauvegarde des stocks, des équipements et à l’amélioration du retour à la normale.

Un équilibre nécessaire entre organisation et structurel

Chaque type de mesure nécessite une mise à jour fréquente (organisation) ou un entretien régulier (structurel). Les différentes mesures ont besoin d’être adaptées à l’évolution des risques. Pour les risques naturels, le changement climatique change les référentiels : une hauteur d’eau maximale estimée de 1 mètre pour une crue centennale peut être obsolète quelques années plus tard. Elles doivent aussi s’adapter à l’évolution interne de la structure concernée (roulement du personnel, modification d’horaires, etc.). De plus, les acteurs de la gestion de crise doivent connaître et s’approprier ses différents dispositifs pour permettre une gestion adaptée le jour de l’évènement.

Les perspectives positives dans ces situations se trouvent dans l’équilibre entre les mesures organisationnelles et les mesures structurelles. Prenons un exemple : le risque inondation dans un pavillon. Une mesure structurelle serait la mise en place de batardeau empêchant l’eau d’entrer dans le bâtiment. Une mesure organisationnelle serait la formation à l’évacuation vers une zone refuge, ainsi que sa création, dans le calme. Chaque mesure, prise individuellement n’est pas efficace à 100% et ne permet pas la sauvegarde efficace des usagers. Si seuls les batardeaux sont installés sans formation, des comportements dangereux peuvent émerger comme l’ouverture de ce dispositif dans un moment de panique pour fuir par un chemin non sécurisé. De la même manière, la seule formation n’est pas suffisante, en effet malgré l’entrainement, la rapidité d’évacuation peut ne pas être suffisante au regard de la vitesse de montée des eaux.

En matière de gestion des risques, il est primordial de combiner mesures organisationnelles et mesures structurelles afin de bénéficier d’une protection efficace. La résilience repose sur une combinaison de stratégie.

Vous pouvez retrouver les solutions correspondantes à votre structure sur le site internet de Have a Plan. contact@haveaplan.fr.

Mesures d’amélioration de la sécurité