Nous parlons souvent du risque inondation dans nos articles, pour les particuliers comme les professionnels, ce risque est le plus visible. Malheureusement, nous ne comprenons pas toujours à quoi le terme fait référence.

Pour mieux comprendre le phénomène et ses conséquences, nous allons passer en revue les dégâts occasionnés par un évènement récent : les inondations de la Seine-Loire en 2016. Cet article s’appuie sur l’étude « Inondations Seine -Loire 2016 » publiée par l’association Mission Risques Naturels disponible ici.

Météorologie de l’année 2016

Pour comprendre la situation, il est nécessaire de reprendre les données météorologiques relevées en début d’année 2016 menant à l‘évènement que nous évoquons. Suite à un début d’année très pluvieux et à des évènements pluvio-orageux intenses de fin mai à juin, les régions du nord du pays ont enregistré un cumul de précipitations excédentaires allant jusqu’à 70% en Ile de France et en région Centre.

Suite à cette situation, 26 départements ont été placés en vigilance orange (selon le référentiel météo France). Ainsi, à Trappes par exemple, sur la période, les hauteurs d’eau enregistrées étaient trois fois supérieures aux moyennes saisonnières. De la même manière, à Paris et à Orléans, le 30 mai il est tombé l’équivalent du total mensuel.

Conséquences Hydrologiques

Avec la saturation des sols, les précipitations ont créé des phénomènes de ruissellement ainsi que des débordements de cours d’eau. C’est essentiellement sur les affluents de la Seine que ce sont formé les principales crues. À cause de ce phénomène, le temps de propagation qui est de 8 à 10 jours, la pointe de crue a atteint Paris en 6 jours.

Sinistralité et distribution des dommages à l’échelle communale

Cet évènement spectaculaire a engendré de nombreux coûts, mais dans quelle mesure et comment le prix des dégâts se distribue-t-il ? L’essentiel des dommages est concentré sur les particuliers avec 90% des sinistres constatés et 72% de la charge financière pour un coût moyen de dégâts qui avoisine les 12 000€.

En termes de dégâts, on peut distinguer deux types de territoires, les zones dont l’habitat est pavillonnaire et individuel (territoires 1) et les zones dans lequel l’habitat est situé en centre historique généralement de plus petite surface et mitoyen (territoire 2).

Si l’on distribue le nombre de sinistres, mais également la charge nous nous rendons compte que les « territoires 1 » regroupent 39 % de la charge pour 25% des sinistres contre respectivement 75% et 61% pour les « territoires 2 ».

Pour simplifier, la moyenne des coûts par sinistre est plus élevée sur les « territoires 1 » que sur les « territoires 2 ». Pour affiner cette analyse, il est important de zoomer sur le niveau « habitation ».

Dommages sur le bâti

Pour étudier le bâti et les sinistres relatifs, l’étude réalisée par Mission Risques Naturels a catégorisé les données selon les grands éléments d’une construction : cloison/ isolation, menuiseries, charpente, etc.  Selon l’Analyse multivariée établie par la MRN, 3 types de dommages sont distingués : les dommages intérieurs, extérieurs et structurels.

Au sein de la catégorie des Dommages intérieurs, la composante Revêtement de mur intérieur est la plus fréquemment impactée lors des inondations de mai-juin 2016. Elle représente plus de 40 % de la charge dans le coût total au bâti, pour un coût moyen de 1 400 € par sinistre pourtant classé parmi les plus faibles.

La composante Menuiserie, seconde composante la plus coûteuse, représente 17 % de la charge dans le coût total au bâti pour un coût moyen de 1 800 €.

Les composantes Réseaux intérieurs – Autres équipements (réseau électrique, plomberie, etc.) et Revêtement de sol, troisièmes composantes les plus impactées, représentent chacune 11 % de la charge dans le coût bâti pour un coût moyen d’environ 1 600 €.

A contrario, les composantes Cloison – Isolation ou Équipement de génie climatique bien que peu représentées dans la charge au bâti sont constituées de matériaux onéreux et/ou nécessitent un remplacement complet du système. Le coût moyen atteint près de 3 200 €.

Les 6 % restants de la charge au bâti sont réparties au sein des catégories Dommages extérieurs et Dommages structurels. Leurs composantes sont moins souvent endommagées, mais plus chères, puisqu’elles requièrent des travaux de gros-œuvre. Le coût moyen atteint jusqu’à 8 300 € pour la composante Structure.

Cette étude nous permet de mieux comprendre les dégâts occasionnés lors d’une inondation. De la même manière, il nous permet de cibler les éléments les plus vulnérables pour les protéger. Pour cela un diagnostic est essentiel à la compréhension de l’effet de l’aléa sur votre habitation ou sur vos locaux en tant que professionnel.